Le vin, les vins, ma cave à vins...

et bien-sûr les dégustations BachiC FilleS.
Et lauréate du Wine Blog Trophy 2013.
Enfin tout ça quoi !

vendredi 28 septembre 2012

vdv #49 : Le vin et les notes florales

Là, c'est notre secrétaire perpétuelle des Vendredis du Vins qui officie en Présidente éphémère ce mois-ci, et elle avait envie qu'on lui offre des fleurs !
Iris Rutz-Rudel, fleur parmi les fleurs, nous entraîne la fleur au fusil pour parler des notes florales qu'un vin pourrait éventuellement avoir. Voir le thème ici.

Qu'il s'agisse là d'un sujet de fille (selon Olif et ceux qui n'osent pas l'avouer) ou non, et bien c'est tant mieux ! On aime bien se faire conter fleurette nous autres filles, un brin légèrement fleur bleue au milieu des bleuets et coquelicots... Et puis pourquoi ne pas en profiter pour jeter des fleurs à notre homme en pleine fleur de l'âge ! Non mais, laissez-nous rêver !!

En fait, il ne s'agit pas tant de savoir si les fragrances florales se retrouvent dans tel ou tel vin, certaines personnes n'étant déjà pas d'accord sur le fait qu'elles soient utilisées en dégustation.
Ah bon et pourquoi pas ? J'apprécie de jouer le jeu de la dégustation en ayant toujours pour seule condition, le plaisir... Ahhh ! Notes florales ou non, entrez Mesdames et Messieurs, entrez ! Pourvu qu'on ait l'échange, entrez ! Percevez, dites-le avec des mots, avec des fleurs, avec tout ce que vous avez dans le coeur !
Et si vous n'êtes pas du genre à pouvoir découvrir les vérités florales autour de vous, peut-être devriez-vous alors vous demander depuis combien de temps, cette femme assise, là, en face de vous (et que vous connaissez tant) est-elle la plus belle fleur que vous n'ayez jamais senti ?
Eblouissante n'est-ce-pas ?

Faute de n'avoir pas pu participer pleinement à ces vdv #49 pour cause de grippe (aucun sens ni physique ni intellectuel possible ces derniers jours...), voici ma contribution :



L'aube en ce lieu a vu naître un terroir


En des temps voulus, en des heures non perdues,
Bien-sûr l'aube en ce lieu a vu naître un terroir.
Vapeurs extatiques, lueurs chimériques,
Les pieds dans l'eau et la tête dans le nectar.

On aurait presque une envie de vous vouvoyer
Chère demoiselle, avant même que vous n'alliez
Fréquenter la grande Dame pour cet horizon
qu'avec les hommes, vous avez su ouvrir en vous.
Je m'incline devant autant d'abstractions
Quand celles-ci parviennent à y trouver leur âme,
Mais préfère rester de connivence avec vous.

On a fait homme ton fruit d'élégance
D'onctuosité, de force, de constance.
Permets-moi juste de contrarier son nom.
Tu préfèreras ainsi, je pense.
Car sous nos pieds, le terroir a choisi
D'apporter à ton fidèle protégé

Une destinée pleine de féminité.
Ses reflets de soleil tant fragiles que sensibles,
D'une douce et délicieuse coquetterie
S'accordent, grâce aux temps enchanteurs, à sa courbure.
Et l'avantageuse rondeur de sa texture,
Née indiscutablement des chaires tout juste
Dégrafées des ceps, est le fruit enjolivé
Par des pognes conspirantes et câlines.
De quel augure, de quelle aubaine, vient cette enfant
de l'Aubance susceptiblement suggestible ?

Des voix, là un mot qui chante, un soir amorcé …
Trop de modération pouvant parfois (et si
L'on n'y prend pas garde) donner de l'ivresse,
On s'accorde à libérer le jus de l'Aubance
avec adresse, ses effluves dans une instance
de flânerie gracieuse, de convivialité.

Petite novice de tout breuvage alcoolisé,
Je n'en garde pas moins autant de sensations
Que deux amateurs sublimement éclairés.
Quand je tiens son parfum dans le creux de mon nez,
Après que mon regard eut été submergé
Par cette aquarelle de sève et d'ingénuité,
Je pense à ceux qui, d'une autre époque
Ont goûté à de pareilles émotions,
Je pense à ceux qui, de cette époque
Aident la nature à se ... dévoiler.


Et lorsque mes lèvres pointent pour extirper
Hors de son berceau une frêle gorgée amie,
Je contracte en moi une petite terre
Celle de la rive gauche de la Loire,
Le ruissellement que crachent les vendangeoirs,
L'argile sur les chemins du chenin d'hier,
Ces morceaux de côteaux exposés à la vie,
Et je t'entends, toi, Demoiselle, couler en paix.
.
Mon palais grandit ses marches pour s'accoutumer.
Et je m'amuse à rejouer avec ces fleurs
Pour prendre le temps de reconnaître mon heur,
Tout en faisant renaître quelques subtilités.

Depuis pas d'heure la nuit est tombée...
On finit vainement par se séparer...
J'emporte alors sur mes lèvres une goutte de cette flaveur enjouée...



(petit hommage à la terre d'Aubance et sa rivière du même nom, bel endroit où les notes florales vivent en harmonie
Anne Graindorge,
La Boizonnerie
28 septembre 2012


Affiche de Rémy Bousquet


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